La saison des vêlages Ghislain Falardeau, Ferme du Geai Bleu, Guigues, QC La saison des vêlages, quelle belle période de l’année. Tous les jours nous apportent des surprises. Un veau mâle lorsque l’on aurait désiré une femelle? Que m’importe, le veau est en santé et c’est le principal. Quel plaisir de voir gambader ces jeunes dans les prés quelques jours après leur naissance. Que l’on soit producteur avec des ambitions de commerce ou simplement hobbyiste, tous, nous voulons que tous les veaux nés demeurent vivants et en santé. Aussi, comme il peut être navrant de visiter le troupeau le matin et de trouver un veau, pourtant né bien vivant, mort; et c’est d’autant plus navrant lorsque l’on réalise que le veau est victime d’une situation que l’on aurait pu éviter. Après 17 saisons de vêlage, il m’est arrivé quelques fois de faire face à une telle situation et je voudrais partager mon expérience avec les autres éleveurs, espérant que les informations pourront être utiles à certains. La période de vêlage à notre ferme débute généralement au début d’avril et peut s’étirer jusqu’au début de juin. Au Témiscamingue, pendant cette période de l’année nous pouvons nous attendre à diverses situations climatiques qui peuvent constituer un danger pour le veau. Ainsi, un veau qui vient au monde lors d’une pluie froide ou verglaçante, typique du printemps québécois, peut rapidement souffrir d’hypothermie. Incapable de se réchauffer, chancelant sur un sol détrempé et offrant une grande surface de corps au froid et à la pluie, il ne faut pas beaucoup de temps pour que la survie de l’animal soit compromise. L’animal peut mourir de froid très rapidement. Il faut donc, pendant la période de vêlage, et particulièrement lors d’intempérie, visiter souvent le troupeau. Si on découvre un animal qui n’est pas encore séché, couché sur le flanc, étendu de tout son long, il faut intervenir rapidement. La meilleure façon de procéder est de le mettre au sec et au chaud. Personnellement, j’ai eu à transporter deux veaux dans mon sous-sol (une maison de campagne du début du siècle avec sous-sol servant d’entrepôt de bois de chauffage et fournaise au bois). J’ai déposé le veau sur de la paille, chauffé la fournaise, et quitté la maison pour ma journée de travailleur salarié. Au retour le soir, c’est toujours une joie de trouver le veau debout, sec et inspectant tout le sous-sol. Certains éleveurs m’ont confié baigner un veau en détresse dans un bain d’eau tiède (à la température du corps) pour le réchauffer rapidement. Après que l’animal soit réchauffé, il est important de l’assécher avec un séchoir à cheveux. Un animal détrempé perd rapidement sa chaleur, même en milieu tempéré. Il ne faut pas oublier que notre petit veau est nouveau né et qu’il n’a pas eu la chance de boire, il n’a donc pas de réserve particulière (même si un veau nouveau né peut être un peu gras, selon l’alimentation de sa mère). La même situation peut se produire lorsqu’une vache vêle près d’un point d’eau (même une flaque de faible profondeur) et que le veau tombe dans ce point d’eau. Une bonne façon de vérifier si l’animal est en hypothermie est d’insérer sa main dans la bouche de l’animal: si c’est froid, l’animal est en péril. Un autre danger qui guette un veau est la présence de prédateurs. Une vache a presque toujours tendance à s’éloigner du troupeau pour vêler. Un petit veau a tendance également, après la naissance et la première tété, à marcher un peu et se coucher. Si par mégarde il traverse une clôture, il se retrouve isolé et ni sa mère ni aucun autre animal du troupeau ne peut lui venir en aide en cas de besoin. Au printemps, les ours sont affamés et peuvent constituer un danger. Il faut donc s’assurer que les veaux restent auprès des autres membres du troupeau. Il faut les ramener dans le troupeau, particulièrement ceux qui ont tendance à s’isoler. Les chiens errants peuvent, dans une moindre mesure, causer du tort à un troupeau. Il est rare que les coyotes soient mis en cause. Certains éleveurs de ma région ont eu des problèmes avec des corbeaux. Ceux-ci s’approchaient de veaux nouveau-nés et leurs crevaient les yeux à coups de bec. Les froids intenses, lors de vêlages d’hiver sont problématiques. Un veau qui naît à -300, sans abris au sec et à une température plus tempérée, court de grands risques. L’hypothermie le guette mais également les risques d’engelures graves aux oreilles, à la queue et au museau. Il est préférable de prévoir un abri lorsqu’il y a des vêlages d’hiver, au moins au Québec. Les vêlages d’été comportent également des risques. Tous les éleveurs ont connu ou vont connaître une situation inusitée : les vers!!! Un veau couvert de placenta, même léché par sa mère, devient un terrain de prédilection pour une mouche qui vient pondre sur le poil, particulièrement dans les régions cachées ou souillées par les selles du veau. Les larves des mouches se développent rapidement, grossissent et se nourrissent de tout ce qui leurs tombent sous la dent (?) Les régions les plus affectées sont la région de l’anus, la vulve, l’entrecuisse et la région du nombril. Les larves s’y développent rapidement et mangent littéralement le veau. Deux ou trois jours suffisent pour voir le veau infesté suffisamment pour que ce dernier en meure. Un antiparasitaire systémique, appliqué à la naissance offre une bonne garantie contre ce danger, même s’il n’est pas sans faille. Un veau né lors d’une période chaude doit être surveillé pour les deux ou trois premières semaines de sa vie. Une alternative à l’anti-parasitaire systémique est le confinement de l’animal, et de sa mère, dans les bâtiments. Les vêlages d’été comportent également un autre danger. Il m’est arrivé de connaître un printemps particulièrement sec et plusieurs zones de poussières se sont formées. Une vache a eu la mauvaise idée de vêler dans une de ces zones et le veau a probablement respiré de la poussière et suffoqué. … Lire la suite de La saison des vêlages
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